Cabrera et la costa Verde
A l’est de Cabarete, célèbre station touristique de kitesurf, s’ouvre la costa Verde. On y entre par Gaspar Hernandez dont l’artère principale bouillonne constamment de vie. La route se poursuit à travers une végétation de plus en plus exubérante, reste d’une forêt épaisse et restée intacte jusqu’à la seconde moitié du 19ème siècle. Très rapidement de petites cabines de bois colorés surgissent au bord du chemin ; on y propose des sachets d’amandes locales.
Quelques kilomètres plus loin se cache playa Magante. La piste qui y mène se divise en deux et conduit à deux extrémités de cette belle plage de sable gris. Quelques bungalows accueillent le touriste, ils sont disposés à même la plage et leurs occupants sont bercés par le murmure de la mer. Les rares restaurants proposent des menus de poissons.
De retour sur la route principale, le chemin aboutit à Rio San Juan, bourgade la plus connue de la Costa Verde. Sa laguna Grigri est une visite incontournable ; les barques glissent dans la mangrove avant d’atteindre la mer et de rejoindre la grotte aux hirondelles et la playa Caleton.
Enfin, voila playa Grande, réputée pour être une des plus belles plages du pays ! Un magnifique golf de 18 trous, dessiné par Robert Trent Jones, surplombe celle-ci et offre une vue splendide sur l’océan.
Avant d’atteindre Cabrera, située dans la province de Maria Trinidad Sanchez, la route traverse le Cabo Francés Viejo, un petit parc national de 1,5 km2. La falaise blanche de calcaire se détache en décor de fond sur la plage d’El Bretón.
Cabrera est une petite ville sur la côte Atlantique, mais également une municipalité de 276 km2 qui regorge de paysages naturels magnifiques, résultat de son emplacement sur le « promontoire de Cabrera », un assemblage de niveaux de terrasses calcaires. Par endroits la terre rejoint la mer alors qu’à d’autres les falaises dominent cette dernière de 400 mètres. Tout cela donne à la province de Cabrera une richesse de décors naturels surprenants et des points de vue imprenable sur l’océan et également sur la péninsule de Samaná que l’on aperçoit distinctement certains jours.
Il règne une atmosphère typiquement dominicaine dans la petite ville. Cabrera est restée longtemps lieu de passage entre Puerto Plata et la péninsule de Samaná ; seuls quelques étrangers ont su entrevoir sa beauté et sa tranquillité et s’y sont créé un lieu de villégiature ou une résidence principale.
La ville est implantée le long d’une côte creusée par l’assaut centenaire des vagues. Par jour de tempête, le paysage n’a rien à envier à celui de la Bretagne ou de l’Irlande. Très vite on rejoint par l’est ou par l’ouest les plages. Chacune a son style, entre crique et longue étendue, playa Bretón au pied de falaises calcaires, playa Caletón de Dario cachée derrière une résidence luxueuse, Orchid Bay, où les maisons sont caressées par la brise marine, playa Diamante, petite baie fermée où l’océan entre doucement et avec parcimonie faisant la joie des enfants sans crainte des hauts fonds, et enfin playa La Boca dans le petit village de pêcheurs de La Entrada. Cette dernière méconnue des guides touristiques est une longue étendue de sable fin. Le chemin d’accès est tel une allée royale bordée de palmiers et longée d’une rivière qui vient se jeter dans la mer. Les Dominicains alternent avec bonheur entre eau douce et eau salée lors des dimanches chômés où la musique rythme la journée.
Si le bord de mer est généreux, l’intérieur des terres ne l’est pas moins. Aux abords de La Entrada, la laguna Doudou et le lac Bleu offrent leurs eaux vertes et bleues, douces et fraîches aux visiteurs qui veulent échapper pour quelques instants à la morsure du soleil. Encore plus loin se succèdent monts et vallées aussi verts que les prairies de Normandie ; des hauteurs la mer est un spectacle dont on ne se lasse jamais.
Nagua, ville où commerce et agriculture dominent, ferme la porte de la Costa Verde.
De Cabarete à Puerto Plata
A l’est de Gaspar Hernandez s’ouvre la costa de Ambar (côte de l’Ambre), dénommée ainsi pour ses importants dépôts de cette résine fossilisée. Cabarete est une station balnéaire mondialement connue pour ses vents forts (un des 10 meilleurs spots mondiaux), bonheur des kite et windsurfers. C’est aussi un lieu plaisant pour les baigneurs avec ses 3 km de plage et pour les noctambules avec ses bars et restaurants « pieds dans le sable » sous les cocotiers. C’est définitivement un lieu international !
Plus à l’ouest se trouve la ville de Sosúa, haut lieu touristique, qui offre un mélange des genres. Autochtones et étrangers se croisent et lient connaissance dans le quartier d’El Batey (dénomination autrefois limitative au quartier des Haïtiens), alors que les Dominicains du cru se concentrent aux Charamicos, quartier indéniablement plus pauvre mais empli de la joie de vivre de ses habitants.
La magnifique baie de Sosúa aux eaux vertes translucides relie les deux parties. Sous les cocotiers et les palmiers, les petites boutiques locales se succèdent proposant art haïtien, bijoux locaux et paréos multicolores. On peut aussi s’y restaurer d’un poisson frais et de « tostones » (bananes plantains frites) sous l’ombre d’un parasol, installé dans une chaise longue.
Au détour d’une balade dans le quartier d’El Batey on découvre la synagogue et le musée juif. A l’époque de la seconde guerre mondiale, le dictateur Trujillo ouvrit les portes du pays et offrit aux juifs en exode de s’installer dans ce qui n’était alors qu’un village. La communauté juive s’est implantée sur ces terres et a participé au développement de la bourgade.
Pour rejoindre Puerto Plata, la route traverse les champs de canne à sucre. Elle longe ensuite l’important complexe hôtelier Playa Dorada qui borde la longue plage. Cette dernière rejoint le « malecón » (promenade) de la ville. L’entrée de la ville est un spectacle de trafic autoroutier, des voitures, des motos se disputent la chaussée, il faut être prudent et avoir l’œil partout pour éviter tout accrochage.
La ville est dominée par la montagne Isabel de Torres, dénommée ainsi par Christophe Colomb en 1492. On peut y monter par téléphérique pour admirer – quand le temps est dégagé - un magnifique panorama sur la ville et sa baie, ainsi qu’une statue du Christ, plus modeste que celle de Rio de Janeiro.
Dans le centre quelques anciennes maisons victoriennes de bois, disséminées autour du « parque central » témoignent de l’ancien faste de la ville. Il faut se perdre dans les rues adjacentes et se laisser prendre par le charme de cette ville bercée par l’océan Atlantique, s’asseoir et entamer la discussion avec un Dominicain toujours souriant et heureux d’échanger avec vous, visiter le musée de l’ambre qui raconte l’histoire passionnante du mariage de la faune et la flore dans la sève des arbres il y a 30 millions d’années, pénétrer dans la forteresse de San Felipe à l’extrémité du malecón - le plus ancien vestige du 16ème siècle - qui autrefois défendait la ville contre l’attaque des pirates, puis accueillait des prisonniers à d’autres époques de sa longue existence.
De Puerto Plata à Monte Cristi
La sortie de Puerto Plata vers l’ouest est aussi animée que son entrée ; tout devient plus calme à l’approche de la baie de Cofresi du nom du célèbre pirate portoricain. Un peu à l’écart des plages, en direction d’Imbert, se trouve un endroit magique, les chutes de Damajagua. On s’y rend léger et tout matériel bien emballé dans des sacs hermétiques pour descendre les toboggans naturels et plonger dans les 27 cascades ("charcos") de la rivière.
On rejoint la côte vers la baie de Luperón qui offre aux bateaux une anse naturelle à l’abri des tempêtes. C’est un endroit calme, où se niche un petit port de pêche. A quelques kilomètres de là, on arrive à ce qui fut la première ville du Nouveau Monde, La Isabela; la route est difficile d’accès mais le paysage mérite le voyage. Le 10 décembre 1493, Christophe Colomb fonde la petite colonie. De nos jours, on peut distinguer les ruines de la partie militaire dénommée « Castillo ». A peu de distance se trouve Punta Rucia et sa belle plage de la Enseñada. De là on peut voguer dans une petite embarcation pour rejoindre le « Cayo Paraíso », petit banc de sable au milieu de la mer. On nage alors tout autour en compagnie de poissons multicolores.
La dernière garde avant de franchir la frontière haïtienne est Monte Cristi. Le paysage se fait plus sec, la végétation plus rude avec une diversité de cactus. Il pleut peu dans cette région. La ville a eu son âge d’or grâce à son port naturel et l’exportation de produits agricoles, de bananes et de bois précieux vers l’Europe. De nos jours, la pauvreté a envahi les rues. Monte Cristi ne manque cependant pas d’intérêt avec ses marais salants, son parc national El Morro qui enferme un promontoire rocheux spectaculaire habillé d’une terre ocre, ses cayos (petites îles) Siete Hermanos (7 frères) qui au-delà des coraux servaient de refuge aux pirates et corsaires d’une autre époque.





